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Qu'est-ce que vivre en sécurité \

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LA SÉCURITÉ EST UN BESOIN FONDAMENTAL DANS LE DÉVELOPPEMENT DE LA PERSONNE ET UNE RESSOURE DE L'ENVIRONNEMENT.

La pertinence de la dimension de la sécurité en tant que besoin fondamental dans le développement de la personne a été établie par A. Maslow (1998). Le besoin de protection et de sécurité consitue le deuxième palier des besoins fondamentaux, après le maintien de la vie et avant les besoins d'amour et d'appartenance. Ici, nous disons que la sécurité est définie comme un besoin de la personne et sa satisfaction est en partie le résultat de l'interaction de facteurs personnels, les capacités d'autoprotection et les vulnérabilités. 

 

LA SÉCURITÉ EN TANT QUE RESSOURCE DE L'ENVIRONNEMENT

Qu’est-ce que vivre en sécurité selon l’Organisation mondiale de la santé ? 

« La sécurité est un état où les dangers, et les conditions pouvant provoquer des dommages d’ordre physique, psychologique ou matériel sont contrôlés de manière à préserver la santé et le bien-être des individus et de la communauté. C’est une ressource indispensable à la vie quotidienne qui permet à l’individu et à la communauté de réaliser ses aspirations. La sécurité est considérée comme un état résultant d’un équilibre dynamique qui s’établit entre les différentes composantes d’un milieu de vie donné. Elle est le résultat d’un processus complexe où l’être humain interagit avec son environnement. Par environnement, nous entendons non seulement l’environnement physique mais également les environnements, culturel, technologique, politique, social, économique et organisationnel. » 

Cette perspective est en cohérence avec notre cadre conceptuel sur la situation de handicap, la sécurité étant ici comprise comme une ressource indispensable de l'environnement pour le développement de la personne.

Nous proposons donc de mieux maîtriser les composantes personnelles et environnementales de la sécurité selon les caractéristiques de la personne en situation de handicap ou vulnérable et de ses milieux de vie, autrement la performance des modèles d'intervention resterait aléatoire.

Notre mobilisation sur cet enjeu est d'autant plus justifié par les révélations faites par les médias et les enquêtes publiques au sein des pays partenaires concernant de nombreuses catégories d'établissements (voir www.rifvel.org), qui ont mis en évidence les pratiques déficientes et pénalisantes envers la population en situation de handicap. Ces événements néfastes se produisent malgré les investissements majeurs et les législations très développées qui sont adaptés depuis 25 ans dans les pays occidentaux. Cette contradiction nous invite à réviser notre conception de la sécurité et nos obligations de protection des populations vulnérables.

Voir : MASLOW, A. (1989) Vers une psychologie de l'être, Fayard, Paris.

Voir : Institut national de la santé publique, Québec, Canada.

Voir : Sécurité et promotion de la sécurité : Aspects conceptuels et opérationnels.

Voir : L'Organisation Mondiale de la Santé

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L'évaluation de danger et la prévention des événements néfastes

1. Situations sécuritaires et situations néfastes
2. Définition des facteurs personnels
   2.1 Autoprotection
   2.2 Vulnérabilité
3. Facteurs environnementaux
   3.1 Facteurs de protection
        3.1.1 Dans les milieux de vie
        3.1.2 Dans les établissements et organismes
   3.2 Facteurs de risques
        3.2.1 Dans le milieu familial ou dans la communauté
        3.2.2 Dans le milieu institutionnel
                3.2.2.1 Liés à la culture de l’organisation
                3.2.2.2 Liés aux processus organisationnels
4. Référentiel RIFVEH pour favoriser l’évaluation du danger et une vie sécuritaire. Tableau d’ensemble

 

1. Situations sécuritaires et situations néfastes

Une situation sécuritaire

Une situation sécuritaire correspond à la réalisation d'une situation adaptée aux besoins spécifiques des personnes ayant des déficiences et/ou des incapacités et conformes aux attentes et aux normes sociales en matière de sécurité des personnes et des biens.

Une situation néfaste

Une situation néfaste correspond à des conditions pénalisantes et inadéquates en regard des besoins spécifiques des personnes ayant des déficiences et/ou des incapacités et qui ne sont pas conformes aux attentes et aux normes sociales en matière de sécurité des personnes et des biens.

 

2. Définition des facteurs personnels

Les facteurs personnels sont des facteurs d’autoprotection et de vulnérabilité appartenant à la personne ayant des déficiences et/ou des incapacités. Ils réfèrent tant aux caractéristiques intrinsèques comme l'âge, le sexe, l'origine ethnique qu’aux aptitudes et aux comportements acquis par la vie en société.

 

2.1 Facteurs personnels: l’autoprotection

Correspond à des facteurs personnels qui favorisent la réalisation d’habitudes de vie sécuritaires. Un facteur d’autoprotection est une caractéristique intrinsèque, une aptitude ou un comportement qui protègent la personne ayant des déficiences et/ou des incapacités, en limitant la possibilité de production de situations néfastes.

Les facteurs d'autoprotection les plus souvent mentionnés :

  1. Âge (1)
  2. Sexe (2)
  3. Réseaux sociaux diversifiés (3)
  4. Scolarité de plus de 9 ans (4)
  5. Vivre en famille ou en couple (5)
  6. Nombre réduit d'incapacités (6)
  7. Appartenance groupe ethnique majoritaire (7)
  8. Capacité de décision des aspects personnels de vie (8)
  9. Capacité de décision de sa vie affective (9)
  10. Capacité de gestion des revenus personnels (10)
  11. Capacité de gestion de ses avoirs financiers (11)
  12. Statut socioéconomique moyen ou élevé (12)
  13. Bonne estime de soi (13)

 

2.2 Facteurs personnels : la vulnérabilité

Correspond à des facteurs personnels qui entravent la réalisation d’habitudes de vie sécuritaires. Un facteur de vulnérabilité est une caractéristique intrinsèque, une aptitude ou un comportement liés à la présence de déficience(s) ou d’incapacité(s) qui augmentent la possibilité de production de situations néfastes.

Les facteurs de vulnérabilité les plus souvent mentionnés :

  1. Âge (14)
  2. Sexe (15)
  3. Incapacité des membres supérieurs (16)
  4. Incapacité des membres inférieurs (17)
  5. Limites dans les capacités cognitives et de communication (18)
  6. En contexte d'agression, limite de la résistance physique (19)
  7. En contexte d'agression, limite au plan de la résistance psychologique (20)
  8. Vécu antérieur de violence : la personne a déjà été victime (21)
  9. Fille ou femme dans un milieu mixte (22)
  10. Difficultés dans l’expression des émotions (23)
  11. Attitudes d'opposition ou de rejet face à l’autorité (24)
  12. Se soumet facilement : attitudes de docilité face aux pairs et à l'autorité (25)
  13. Comportements dérangeants, perturbateurs ou agressifs, comportements sexuels dérangeants (26)
  14. Dépendant d'un grand nombre  d'intervenants (27)
  15. Déficiences ou incapacités multiples (physiques, mentales ou sensorielles) (28)
  16. Peu ou pas de présence de la famille ou représentant légal (29)
  17. Manifeste une confiance excessive à autrui (30)
  18. Limite dans ses capacités de déplacement (31)
  19. Apparence personnelle (allure, voix, présentation : repoussante ou épeurante) (32)

 

3. Les facteurs environnementaux

Les facteurs environnementaux sont des caractéristiques des milieux de vie, tant communautaires qu'institutionnels, des personnes ayant des déficiences et/ou des incapacités. Elles réfèrent aux réalités sociales et aux attitudes envers les clientèles, à la disponibilité de programmes adaptés, à la pertinence des conditions architecturales et aux aménagements urbains.

 

3.1 Facteur environnemental : les facteurs de protection dans la famille ou dans la communauté

Correspond à un élément environnemental qui favorise la réalisation d’habitudes de vie sécuritaires ou qui limite la réalisation de situations néfastes. Un facteur de protection est une caractéristique de l'environnement des institutions, établissements et organismes, spécifique aux milieux de vie liés à la personne ayant des déficiences et/ou des incapacités.

3.1.1 Les facteurs de protection dans les milieux de vie les plus souvent mentionnés :

  • Attitudes sociales positives, absence de préjugés, présomption de crédibilité (33)
  • Présence d'une culture de non-violence (34)
  • Tolérance zéro des situations d'abus et de maltraitance (35)
  • Accessibilité, adaptation, disponibilité des soins et des services (36)
  • Famille fonctionnelle (37)
  • Présence de répit-dépannage et de gardiennage (38)
  • Compréhension des déficiences et incapacités liées au handicap de la personne (39)
  • Stabilité des aidants (40)
  • Présence de mesures de protection des personnes vulnérables et de signalement d'incidents, d'accidents et de situations d'abus (41)
  • Accessibilité et adaptation des services de police et de justice à la population en déficience intellectuelle (42)
  • Accessibilité et adaptation des services d’aide aux victimes pour les personnes déficientes intellectuelles (43)
  • Vérification judiciaire avec « procédure de filtrage » lors du recrutement du personnel et des bénévoles (44)

 

3.1.2 Les facteurs de protection dans les établissements et les organismes les plus souvent mentionnés :

  • Existence d'un code d'éthique, accessible et diffusé (45)
  • Tolérance zéro des situations d'abus et de maltraitance (46)
  • Procédure de signalement des situations problématiques et de violence (47)
  • Règlements d'établissements ou d'organismes accessibles et clairs (48)
  • Chambre individuelle pour les résidents (49)
  • Financement adéquat des programmes (50)
  • Adaptation des lieux physiques, selon les handicaps (51)
  • Matériel approprié aux activités et adapté aux limitations fonctionnelles (52)
  • Accessibilité et disponibilité d'une équipe multidisciplinaire (53)
  • Valorisation du personnel et des initiatives (54)
  • Programme d’aide aux employés (55)
  • Supervision du personnel, suivi, coaching (56)
  • Évaluation médicale régulière de la clientèle (57)
  • Encadrement des mesures de contrôle touchant la contention, l'isolement et les substances chimiques (58)
  • Compréhension des déficiences et des incapacités par les intervenants (59)
  • Connaissances des vulnérabilités et des risques d’abus et de maltraitance (60)
  • Cadre légal favorisant la représentation des résidents et des familles dans la gestion (61)

 

3.2 Facteur environnemental : les facteurs de risque

Correspond à un facteur environnemental qui entrave la réalisation d’habitudes de vie sécuritaires. Un facteur de risque est une caractéristique de l'environnement communautaire ou institutionnel de la personne ayant des déficiences et/ou des incapacités qui augmentent la probabilité de production de situations néfastes.

Les facteurs de risques les plus souvent mentionnés :

3.2.1 Facteurs de risque - dans la famille ou communauté

  • Présence de problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie dans le milieu de vie (62)
  • Attitudes sociales négatives, présence de préjugés et limite de crédibilité aux personnes en situation de handicap, racisme et homophobie (voir chapître 5 Éléments contribuant à la violence : http://www.phac-aspc.gc.ca/ncfv-cnivf/violencefamiliale/html/fvdisabliterature_f.html(63)
  • Présence de cultures de violence ou de tolérance des situations d'abus (64)
  • Manque de soins et de services (65)
  • Dysfonctionnement familial y compris la violence familiale et l’absence de relations structurantes de la part des parents (66)
  • Cellule familiale avec peu de capacités de liens sociaux (67)
  • Présence de stress aigu et de fatigue élevée chez les aidants ou le personnel (68)
  • Difficulté à composer avec le stress ou la fatigue élevée chez les aidants ou le personnel (69)
  • Méconnaissance des impacts des déficiences et incapacités chez les aidants ou le personnel (70)
  • Changements fréquents d'aidants ou d'intervenants (71)
  • Famille vivant une situation économique précaire (72)
  • Tolérance excessive des parents, par compassion ou culpabilité, à des comportements inadéquats ou excessifs, de la part de la personne en situation de handicap (73)
  • Absence d’éducation affective et sexuelle des membres de la famille (74)
  • Difficulté pour l’entourage à identifier les indicateurs d’abus (75)
  • Inquiétude des parents face à l’avenir de la personne en situation de handicap entraînant des comportements de contrôle excessif (76)

3.2.2 Dans le milieu institutionnel :

3.2.2.1 Facteurs de risque - en établissement - la culture 

  • Fonctionnement impersonnel de l’organisation (détaché, froid, indifférent) (77)
  • Fonctionnement paternaliste de l’organisation (autorité dominante, personnalisation forte des relations de travail, failble délégation et faible autonomie du personnel) (78)
  • Fonctionnement bureaucratique de l’organisation (autorité en référence avec la réglementation) (79)
  • Direction autoritaire des personnels (autorité centralisée, peu de lieu de dialogue et d'échange d'information, attitude cassante envers le personnel) (80)
  • Organisation chaotique du travail (absentéisme élevé, non-remplacement du personnel, annulations fréquentes d'activités planifiées, non-disponibilité du matériel requis pour les activités) (81)
  • Sentiment de toute-puissance de l’intervenant dans son rôle d’encadrement (82)
  • Attentes irréalistes des intervenants à l’égard des clientèles concernant les capacités d'hygiène et d'alimentation/hydratation (83)
  • Conflit de culture entre la famille et l'établissement : valeurs, permissivité, infantilisation, droit à l'information (84)
  • Attentes irréalistes des directions à l'égard des intervenants et de la clientèle (85)
  • Culture de gestion centrée sur le profit, sur le rendement du personnel ou sur la tâche, au détriment des personnes (86)
  • Historique de relations de travail conflictuelles toujours présentes dans les équipes (87)
  • Déni du droit des familles à représenter ou à accompagner l'usager et à être informées (88)
  • Culture de banalisation des incidents problématiques ou tolérance élevée à l'égard des situations d'abus chez la direction ou le personnel (89)
  • Excès de confiance de la direction dans l'efficacité des réglementations (90)
  • Fréquence de liens familiaux ou conjugaux entre les membres du personnel de l'établissement rendant plus difficile le signalement des incidents problématiques aux autorités (91)

3.2.2.2 Facteurs de risque - en établissement - les processus

  • Absence ou inefficacité du système de plaintes et de protocole de signalement en cas d’abus ou d'incident (92)
  • Peu de place aux familles et aux proches dans les activités et la gestion de l’organisation (93)
  • Lacunes dans la vérification du curriculum vitae et des antécédents judiciaires dans le recrutement du personnel (94)
  • Grande instabilité du personnel et utilisation fréquente d’employés au statut précaire ou à contrat (95)
  • Conflits importants au sein de l’équipe (96)
  • Lacune de formation des intervenants au plan de la compréhension du handicap (97)
  • Grande promiscuité dans les milieux de vie (98)
  • Localisation des milieux de vie et des activités dans les zones à risques ou isolées des espaces urbains (99)
  • Inadéquation des aménagements physiques selon le type de handicap (100)
  • Absence de programmes d'évaluation et de suivi des usagers ou résidents (101)
  • Exposition des personnes à un grand nombre d'intervenants (102)
  • Gestion inadéquate des troubles de comportement des personnes en résidence et des usagers (103)
  • Manque de multidisciplinarité au niveau du personnel dans l'établissement (104)
  • Méconnaissance ou sous-estimation des effets secondaires des médicaments sur les comportements (105)
  • Faible coordination, encadrement ou supervision du personnel (106)
  • Existence de cas de représailles (exclusion ou congédiement) suite à un signalement d'incident ou d’abus (107)
  • Restriction arbitraire à l’accès au téléphone ou à d’autres moyens de communication externe (108)
  • Contexte de restrictions budgétaires et de restructuration impliquant des risques d'épuisement, des surcharges de travail, un niveau élevé de congé de maladie (109)
  • Présence d'un conflit de travail ou période de négociation difficile (110)
  • Peu de respect des procédures, protocoles et normes dans les pratiques profesionnelles (soins, médicaments, contention, isolement, tenue du dossier) (111)

4. Référentiel RIFVEH pour favoriser l’évaluation du danger et une vie sécuritaire

Représentation du modèle RIFVEH

Tableau 1 : Favoriser la sécurité des personnes et des milieux de vie

Facteurs personnels Facteurs environnementaux
Auto-protection    Vulnérabilité Protection    Risque

Interaction
Habitudes de vie
Situation sécuritaire Situation néfaste

 

Tableau 2 : Tableau d’ensemble représentant les interventions possibles 

Situation sécuritaire

 

Situation néfaste

 

  Facteurs personnels 

 

Développer l’autoprotection

 

Négliger la vulnérabilité

Compenser les vulnérabilités

Accroître les vulnérabilités

 

Facteurs environnementaux

Mise en œuvre des protections

 

Ignorer les risques

Identifier et gérer les risques

Produire des risques

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