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Le silence des victimes

  1. Le silence des victimes et des témoins
  2. Les craintes liées à la dénonciation chez les victimes
  3. Les difficultés à se reconnaître comme victimes
  4. Les principales résistances ou obstacles à la divulgation des faits par la victime, à un tiers
  5. Les résistances à la dénonciation dans l’entourage des victimes
  6. Les défis d’un signalement aux autorités

1. Le silence des victimes et des témoins

La résistance sociale à reconnaître les faits d’abus :

Nos sociétés répugnent à reconnaître qu’elles sont productrices de situations de violence d’abus ou de négligence. Cette attitude se répercute dans nos familles, nos institutions et chez les individus qui les composent.

D’où sans aucun doute le grand défi que pose le dépistage auprès des victimes. Nous devons comprendre les motifs du silence des victimes afin de mieux entrer en relation avec elles, en tenant compte de la relation difficile qu’elles entretiennent avec leur environnement. Nous devons toujours éviter l’aggravation de leur insécurité ou la détérioration de leurs conditions. Nous proposons donc dans cette section un inventaire des craintes et des perceptions les plus communes chez les victimes d’abus et de violence… en tenant aussi compte de situations de handicap.

Dans le processus de dépistage, l’implication des personnes, des témoins aidants, est souvent indispensable. Elles vivent aussi ou partagent des sentiments d’insécurité liés au contexte de la victime. Nos démarches doivent en tenir compte. C’est pourquoi nous identifions dans cette section les perceptions communes aux témoins d’abus et de violence.

L’attitude prévisible des milieux face au signalement d’abus, en particulier des personnes responsables ou en autorité, doit être anticipée. Cela vous permettra de faire des choix plus judicieux dans les façons de faire que nous proposons ou que vous inventerez.

2. Les craintes liées à la déconciation chez les victimes

Les craintes sont des réalités perçues ou présumées, qui limitent l’expression des victimes

La victime craint :

  • De subir des représailles (perte de privilèges, conditions d’internement plus sévères, isolement)
  • D’être abandonnée, de ne plus être aimée
  • D’être placée dans un établissement ou d’être changée de milieu de vie
  • D’être à l’origine d’un conflit dans la famille ou dans le milieu de vie
  • De perdre des relations significatives
  • D’avoir à rencontrer des personnes inconnues ou en position d’autorité

3. Les difficultés à se reconnaître comme victimes

Les perceptions sont des éléments cognitifs et/ou émotifs qui organisent l’expérience vécue par la victime de sa situation

La victime :

  • Ne se rend pas compte de la gravité de sa situation
  • Excuse ou justifie les comportements abusifs
  • Se sent coupable de l’aide dont elle a besoin et de leur état de dépendance
  • Éprouve une diminution de la confiance en soi
  • Croit faire une erreur d’interprétation des faits, ressent de l’ambivalence.
  • Se croit responsable de la situation

4. Les principales résistances ou obstacles à la divulgation des faits par la victime, à un tiers

La révélation est la divulgation par la victime à un tiers qu’elle est l’objet de violence, d’abus ou de maltraitance : quelles sont les résistances?

  • La faible probabilité pour la victime d’être crue
  • Le sens que la victime donne à la situation d’abus (elle ne perçoit pas sa situation comme abusive)
  • La capacité limitée de communiquer clairement les détails de l’incident
  • L’absence d’une personne de confiance dans l’environnement de la victime
  • La victime ignore les possibilités d’aide et de recours adaptés à la situation
  • L’importance de la relation affective ou de la position d’autorité de l’abuseur
  • La victime se sent impuissante devant la complexité de la situation
  • La victime a une loyauté excessive à l’égard de l’abuseur

5. Les résistances à la dénonciation dans l’entourage des victimes

L’attitude de l’entourage est la réaction prévisible de l’environnement pour ce qui est de la résistance à reconnaître les réalités de violence ou d’abus.

L’entourage (les proches et les intervenants) :

  • Ne reconnaît pas le problème
  • Banalise l’incident à l’origine de la plainte
  • Culpabilise la victime ou la rend responsable de la situation
  • Subit une pression à la conformité, se croit obligé de se soumettre aux règles du milieu
  • Craint les conflits ou les représailles (peur d’être accusé de faire du zèle)
  • Réprime les manifestations de plainte

6. Les défis d’un signalement aux autorités

Le signalement est l’action de la victime, de son représentant ou d’un témoin, d’alerter l’autorité responsable. Cette démarche peut présenter des défis qui compromettent l’intervention.

  • Le témoin se croit obligé à la confidentialité
  • Il n’y a pas de procédures de signalement dans l’établissement ou l’organisme
  • Les compétences et aptitudes du personnel ne sont pas adaptées à la situation de victimisation
  • L’autorité méconnaît l’existence des règles de droit et les ressources de soutien
  • Le responsable de service craint les conséquences des procédures de plaintes (impacts sur la réputation de l’établissement ou de l’organisme)
  • Il n’y a pas de témoin pouvant corroborer les faits allégués
  • On ne croit pas à l’efficacité des procédures de plainte ou de signalement
  • Le rapport coût-bénéfice des procédures apparaît trop onéreux pour les plaignants
  • Les responsables ont peur d’avoir à rendre des comptes ou de mettre en évidence des lacunes

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